À Rafah, les images d’enfants carbonisés, décapités, de mères endeuillées, de tentes humanitaires consumées par le feu, nous soulèvent le cœur à tous.Ce sont des destins effacés, des vies arrachées, des noms écrits au passé qui viennent tragiquement s’ajouter aux milliers d’autres civils gazaouisLe crime de ces enfants ? Être nés du mauvais côté de la frontière.Fussent-ils nés en Israël qu’une chambre forte les aurait abrités. Fussent-ils nés en Israël qu’une armée leur serait dévouée.Fussent-ils nés en Israël qu’ils jouiraient, comme 2 millions d’Arabes israéliens, de droits et libertés uniques au Moyen-Orient.Fussent-ils nés en Israël que la conscience collective aurait fait de leur protection l’impératif suprême. Mais ces enfants, ces femmes et ces hommes, écrasés sous les décombres, assourdis par le fracas de bombes, sont nés à Gaza, condamnés à subir le sort que leur réserve un régime adossé au Mal.Moins bien armé qu’Israël, moins vaillant que Tsahal, ce régime ne peut espérer de victoire militaire, mais la guerre ne se gagne pas que par les munitions.Plutôt, ce régime à cagoules mise sur un autre atout, bien plus puissant. Cet atout, c’est toi.Toi, qui t’indignes légitimement des souffrances d’innocents.Toi, à qui la logique exhibitionniste des réseaux sociaux impose des images d’une violence inouïe.Toi, qui manifestes pour sortir de la trame tranquille et sage d’une existence en manque de frissons, en manque de cause historique.Toi, dont la crainte d’appartenir au « mauvais côté de l’Histoire » t’amène à te ranger hâtivement du côté des plus faibles, bien que le faible pratique le djihad et le fort, la démocratie libérale. Toi dont la connexion internet se fait malheureusement plus rare lorsque les vies en question sont ouïghoures, iraniennes, kurdes ou encore soudanaises.Oui toi, qui pour t’inscrire dans ton temps et faire l’ostentation de ta vertu humaniste, exiges depuis ton compte Instagram un « cessez-le feu », tu es la carte maîtresse du Hamas.Sans toi, sans tes indignations, sans tes manifestations, sans tes boycotts, sans ton incapacité à distinguer l’émotion de la conviction, les pressions que le monde civilisé impose à Israël s’effondrent, le Hamas s’effondre.Sans toi, les brigades du fléau ne verraient plus d’intérêt à voir en leurs enfants une simple chair à canon sacrificielle.Si les enfants de Gaza meurent, c’est pour que tu puisses les pleurer.Pour Israël la mort de ces milliers d’âmes innocentes est une inévitable tragédie.Pour le Hamas, c’est une stratégie.S’il te plaît, ne joue pas son jeu. ■ PAR